Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, la compagnie britannique Odéon Cinémas fait son entrée au Canada. À Montréal, la compagnie achète d’abord neuf salles dont le célèbre cinéma Beaubien. En 1948, elle poursuit son expansion en faisant construire deux nouveaux cinémas sur la rue Sainte-Catherine Est : l’Odéon-Champlain (à l’angle de Papineau) et l’Odéon-Mercier. Ces nouvelles salles doivent permettre à l’entreprise de se rapprocher du public francophone.
Le cinéma Mercier ouvre officiellement ses portes le 15 janvier 1948. Conçu par l’architecte montréalais Henry E. Greenspoon, le cinéma Mercier est typique des cinémas de quartier de l’après-guerre. Doté de 900 sièges, d’une acoustique convenable et d’un système de climatisation, il est pensé pour fonctionner efficacement avec un personnel restreint.On y présente trois programmes différents chaque semaine, de midi à minuit.
L’arrivée de la télévision à la fin des années 1950 bouleverse l’industrie. Au Québec, les entrées chutent de près de 59 millions en 1952 à 22 millions en 1963. Pour se démarquer, l’Odéon-Mercier se dote en 1956 d’une scène pour accueillir des spectacles. La chanteuse Muriel Millard inaugure cette nouvelle vocation, bientôt suivie de nombreuses vedettes, dont un jeune Michel Louvain en décembre 1958.
Au début des années 1980, la vidéocassette accentue encore la crise du cinéma. En réponse, on voit apparaître les cinémas à plusieurs salles (multiplexes), ce qui fragilise aussi les salles traditionnelles. En 1984, la chaîne Odéon est rachetée par Cineplex. Deux ans plus tard, à l’été 1986, le rideau tombe définitivement sur le cinéma Mercier.
Auteur : Olivier Dufresne
Image : Dessin de l'Odéon Mercier publié dans Architecture - bâtiment - construction, novembre 1947, p. 29.
