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Atelier d'histoire

Mercier-Hochelaga-Maisonneuve

Hippolyte Bergeron

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Hippolyte Bergeron, né en décembre 1859 à Yamachiche, s’impose comme menuisier, entrepreneur, architecte et conseiller municipal dans notre arrondissement.

La famille de Bergeron s’installe aux États-Unis et, lors de son mariage à l’église Saint-François-d’Assise de Longue-Pointe en 1880, on mentionne qu’Hippolyte vient de Chicago tandis que ses parents vivent à Manchester, au New Hampshire. Il débute comme menuisier, devient entrepreneur, puis, après un séjour dans le quartier Saint-Jacques, il s’installe à Longue-Pointe en 1894. Trois ans plus tard, les annuaires le présentent pour la première fois comme architecte. On ignore où il se forme, puisque le Québec ne possède pas encore d’école d’architecture à cette époque, mais, comme plusieurs de ses contemporains, il acquiert sans doute son savoir-faire auprès d’un architecte établi.

Dès ses débuts, Bergeron obtient un mandat d’envergure : la reconstruction des pavillons de l’Asile Saint-Jean-de-Dieu, détruits par le terrible incendie de 1890. Ce chantier, qui s’étend de 1897 à 1901, lui ouvre les portes de plusieurs institutions de l’Est de Montréal. En 1901, il conçoit l’Hospice Bourget au coin des rues Ontario et Aylwin. Trois ans plus tard, il signe les plans de l’Hospice de la Providence, à l’angle Pie-IX et Lafontaine, auquel il ajoute des agrandissements en 1913. En 1911, il dessine aussi les plans de deux écoles pour la commission scolaire de Longue-Pointe : l’école du parc Lebrun et l’école François-Laflèche à Notre-Dame-des-Victoires. Malgré ce parcours prometteur, sa carrière d’architecte s’interrompt brusquement. Après 1913, aucun autre contrat ne lui est attribué.

En parallèle, Bergeron s’investit dans la vie publique. Évaluateur foncier pour Longue-Pointe de 1895 à 1897, il devient conseiller municipal de 1898 à 1907. Battu lors des élections qui suivent l’accession de Longue-Pointe au statut de ville, il reprend son siège en 1909 et l’occupe jusqu’à l’annexion de la municipalité à Montréal en 1910. Mais sa carrière est assombrie par le « scandale des égouts de Beaurivage ». En 1907, il reçoit le mandat de concevoir un nouveau système d’égouts, mais accumule retards et malfaçons. Deux ingénieurs confirment la mauvaise qualité des travaux, au point que tout doit être repris. Le dossier s’éternise si bien que la Ville de Montréal doit en assumer la responsabilité après l’annexion de 1910, ce qui ternit profondément la réputation de Bergeron.

Après cet épisode, il se retire quelque temps dans l’ombre. En 1911, il déménage rue Théodore à Maisonneuve, puis, en 1915, il s’installe dans une maison en pierre qu’il a probablement dessinée lui-même, au 6895, rue Hochelaga. Dans ses dernières années, il se consacre surtout à des transactions immobilières, possédant des terrains et des maisons à Verdun et dans Mercier. Il s’éteint en février 1930.

Auteur : André Cousineau
Image : Hippolyte Bergeron, vers 1915; source inconnue

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