cultivateurs
Ouvrir une session Ouvrir une session
logo

Atelier d'histoire

Mercier-Hochelaga-Maisonneuve

Commerces en coin (Jeanne-d’Arc et La Fontaine)

m s

En se promenant dans Maisonneuve, on remarque vite ces bâtiments au coin « coupé » qui se trouvent aux intersections. Briquetés ou plus discrets aujourd’hui, ils ont pourtant longtemps été au cœur de la vie commerciale du quartier.

L’intersection des rues Jeanne-d’Arc et La Fontaine en offre un exemple particulièrement révélateur. Pendant près d’un siècle, ses quatre coins ont vu défiler épiceries et boucheries, restaurants, salons de coiffure, dépanneurs et autres petits commerces, au rythme des transformations du quartier.

Si l’on utilise la numérotation actuelle, les commerces étaient situés au 3980 (sud-ouest), 4020 (sud-est), 3987 (nord-ouest) et 4021 (nord-est). Les deux commerces du côté nord apparaissent vers 1905 et, en 1914, les quatre établissements sont en opération. Il s’agit alors de commerces de proximité comparables à nos dépanneurs actuels : deux épiceries (E. Corbeil et Raoul Laprès) et deux boucheries (Joseph Odessa Lauzon et Arthur Gauthier).

À la fin de la Première Guerre mondiale, l’épicerie Laprès (4021) est remplacée par un restaurant. C’est cet établissement que possédera Christine Cadet, ancienne militante syndicale dont nous avons parlé dans une précédente chronique. La situation demeure relativement stable jusqu’à la fin des années 1930. À ce moment, trois commerces sur quatre sont des restaurants ; seule la boucherie de Paul Émile Durand (3980) subsiste comme commerce de vente au détail.

Parmi les établissements marquants, mentionnons le Restaurant Asselin (4020). Fondé en 1935, il restera dans la même famille jusque dans les années 1990.

Dans les années 1950, la situation commence toutefois à changer. Vers 1955, le 4021 devient le salon de coiffure Marcelle Poissant et l’épicerie du 3987 est transformée en commerce de tabac-bonbons. Dans les années 1970, d’autres changements surviennent : le 3980 devient un magasin de peintures tandis que le 3987 est converti en dépanneur. En 1973, le 4021 cesse définitivement d’être un commerce. L’adresse disparaît et la façade est briquetée. En 1980, le 3987 subit le même sort et est transformé en logement.

Dans les années 1980, le Restaurant Asselin du 4020 devient à son tour un dépanneur, avant de fermer dans les années 1990. Seul subsiste alors le magasin de peintures Gagnon & Ste-Marie du 3980. Dans les années 2010, ce commerce est converti en boutique de vélos, Cycle Fontaine. L’établissement ferme durant la pandémie à la suite de la vente de l’immeuble. Aujourd’hui, aucune activité commerciale ne semble y être exercée.

Auteur : André Cousineau
Image : Vue du côté nord de la rue La Fontaine. AHMHM, 2026
Publication originale : Facebook, Atelier d'histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, 25 février 2026

640914898_1215703034105508_2588108630186393189_n