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Atelier d'histoire

Mercier-Hochelaga-Maisonneuve

Côte Morgan et sports d’hiver

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Avant de devenir le parc Olympique, le quadrilatère Pie-IX – Sherbrooke – Viau – Pierre-de-Coubertin a été l’un des grands terrains de jeux hivernaux pour les jeunes et moins jeunes de l’est de Montréal.

L’histoire de ce site débute en 1938. Alors que Montréal, comme le reste du monde, est plongée dans la Grande Dépression, la Ville lance le projet du Centre sportif de l’Est. Avant même le début des travaux prévus au printemps 1939, elle inaugure, le 31 décembre 1938, une grande glissoire. Longue de 115 pieds et haute de 40 pieds (35 m x 12 m), on la dit la plus grande du Canada. Son succès est immédiat : dès le 3 janvier 1939, on annonce l’installation d’une seconde glissoire plus petite (12 pieds de hauteur ou 3,6 m) à proximité.

En 1939, Montréal est choisie pour accueillir les Jeux de l’Empire de 1942. Les plans du Centre sportif de l’Est sont alors modifiés afin d’y aménager des installations pour les compétitions, dont certaines doivent pouvoir être transformées pour servir aux sports d’hiver. En plus du ski et de la glissade, on prévoit utiliser la piste du stade pour la raquette. Les travaux sont toutefois interrompus en juillet 1939 à la suite du retrait du gouvernement fédéral et des menaces de guerre en Europe. Seuls seront réalisés le pavillon de boulingrin ainsi que les estrades de l’amphithéâtre et des bassins le long de l’avenue Desjardins.

Après la Seconde Guerre mondiale, le ski devient l’activité hivernale dominante sur le site. À l’automne 1948, la Ville installe un monte-pente, inauguré le 15 janvier 1949. Malgré des débuts difficiles liés au manque de neige et à l’effondrement d’une poutre de bois rapidement remplacée par une structure d’acier, l’équipement connaît un succès croissant.

Au départ, le coût des remontées sert à amortir la construction : 10 cents pour une montée, 25 cents pour trois ou 1 $ pour dix-sept. Ces tarifs sont jugés excessifs dans les journaux. Dès 1954, le prix diminue à deux remontées pour 5 cents, avec des carnets à 25 cents. La même année, le monte-pente est éclairé pour permettre la pratique en soirée. En 1965, il fonctionne de 10 h à 22 h la fin de semaine et de 14 h à 22 h en semaine. Le nombre de remontées passe de moins de 6 000 la première année à plus de 47 000 en 1960. La saison s’étend alors de la mi-décembre à mars. Le Service des parcs y organise aussi des cours gratuits d’initiation au ski et des compétitions, comme celle du 19 février 1955. Le monte-pente demeure en usage jusqu’à l’hiver 1972, peu avant le début des travaux du Stade olympique.

En 1955, l’ancien pavillon du boulingrin est transformé en chalet d’accueil pour les patineurs, skieurs et amateurs de toboggan. À proximité, une vaste patinoire accueille hockey, ballon-balai et patinage libre.

Fait inusité, en mars 1967, le site accueille la Mondiale des autos-neige Player’s, réunissant des pilotes du Canada, des États-Unis et d’Europe sur un circuit d’environ 800 mètres. Plus de 25 000 personnes assistent aux compétitions remportées par un pilote américain sur un ski-doo Bombardier.

Pendant plus de trois décennies, ces installations ont contribué à démocratiser la pratique des sports d’hiver dans l’est de Montréal. Pour de nombreux jeunes du quartier, c’est ici que se font les premières descentes à ski, les premières glissades et les premières parties de hockey.

Auteur : André Cousineau
Image : Glissoires du Parc Maisonneuve; 10 janvier 1954; Fonds La presse, BAnQ
Publication originale : Facebook, Atelier d'histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, 1 avril 2026

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