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Atelier d'histoire

Mercier-Hochelaga-Maisonneuve

Chantier naval de Campbell

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Au début du 19e siècle, une vague de spéculation dans l’Empire britannique entraîne le développement d'infrastructures pour l’entretien et la construction des navires, notamment au Canada où le coût de construction est moins élevé que dans les îles britanniques. Cette situation profite à Montréalet particulièrement à Hochelaga.

En fait, plusieurs commentateurs de l’époque décrivent Hochelaga comme le «port naturel» de Montréal. Ce lieu est donc tout indiqué pour le développement de ces nouveaux chantiers navals (et non navaux). Les berges sont majoritairement libres de construction et elles se trouvent en amont du courant Sainte-Marie, un passage parfois difficile à traverser pour les bateaux. Vers 1816, le marchand de bois James Ellice Campbell s’installe à Hochelaga. Quelques années plus tard, il est nommé inspecteur pour la qualité du bois marchandé le long du fleuve en 1820 («Culler of wood and stave»). À partir de 1825, il tire parti de la position d’Hochelaga en mettant sur pied un chantier naval. Jusqu’en 1834, les journaux rapportent plusieurs lancements de navire depuis ses terres. Il faut s’imaginer des chantiers navals qui paraissent rustiques. On construit le navire directement sur la plage et, une fois prêt, on le glisse dans le fleuve à l’aide d'espèces de rails de bois.

Le plus connu des navires à sortir du chantier naval de Campbell est le «Lady Rowena». Ce trois-mâts d’environ 320 tonneaux (pour ceux qui n’ont pas le pied marin, c’est quand même gros) est lancé le 16 avril 1825. Après avoir été remorqué à Québec, il quitte pour Londres le 1er mai 1825. En janvier 1826, le navire quitte l'Irlande pour un voyage de 118 jours. À son bord, 100 prisonnières sont envoyées en Australie pour purger leur peine. Là-bas, le bâtiment est converti pour faire de la chasse à la baleine.

Lors d’une chasse en 1831, le capitaine Bourn Russell accoste le bateau sur une plage japonaise pour y faire une réparation. La population locale et l’équipage, suite à plusieurs malentendus, finissent par s’affronter à coups de mousquets. Au terme de l’escarmouche, les hommes de Russell capturent un habitant. Quelques jours plus tard, il est libéré avec en sa possession une lettre pour l’empereur du Japon, le prévenant des conséquences à maltraiter des sujets britanniques. Le Lady Rowena quitte alors le Japon dans ce qui est considéré aujourd’hui comme le premier contact entre Australiens et Japonais.

Comme quoi l’histoire locale peut parfois nous amener jusqu’au bout du monde!

Auteur : Matthieu Mazeau
Image : Ernest Neumann, bateau en construction, Montréal. Musée McCord
Publication originale : Facebook, Atelier d'histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, 12 août 2026

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