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Atelier d'histoire

Mercier-Hochelaga-Maisonneuve

Église Très-Saint-Nom-de-Jésus

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Il est difficile de raconter l’histoire de l’église Très-Saint-Nom-de-Jésus sans la mettre en relation avec celle de Maisonneuve dans laquelle elle a vu le jour. Ce qui n'était qu’une petite chapelle à ses débuts, se transforme tant et si bien qu’on rêve d’en faire la cathédrale de l’Est. Après la Deuxième Guerre mondiale, l’église connaît un lent déclin mais une initiative citoyenne dans les années 2000 permet de la sauver.

En 1883, lorsque la ville de Maisonneuve est créée, il n’y a qu’une poignée de familles qui vivent sur un territoire encore rural. Toutefois, à cette époque, toute bonne ville a besoin de son église. Les grands propriétaires de Maisonneuve demandent au diocèse de Montréal de créer une paroisse pour leur nouvelle ville, ce qu’ils obtiennent en 1888. C’est sur un terrain donné par Alphonse Desjardins que la première chapelle est construite pour servir la population de Maisonneuve.

Cette construction assez modeste, permet de rassembler les fidèles jusqu’en 1906 et accueille même des salles de classes entre 1890 et 1899. Au tournant du 20e siècle, Maisonneuve connaît une forte croissance et la chapelle n’est bientôt pas à la hauteur des aspirations de sa paroisse.
Des plans pour une nouvelle église sont commandés aux architectes Charles-Aimé Reeves et d’Albert Mesnard. Elle est construite entre 1903 et 1906, au coût de 154 000$, mais le bâtiment est loin d’être terminé. La chaire est rajoutée en 1909, les cloches en 1912, les vitraux en 1915, et la décoration intérieure de Toussaint Xénophon-Renaud est réalisée entre 1913 et 1918. Le grandiose orgue Casavant (Opus 600), de 90 jeux et plus de 6000 tuyaux, est inauguré en 1915, en pleine époque où la ville de Maisonneuve fait construire ses bâtiments publics de prestige comme le marché Maisonneuve et le bain Morgan. Dans les années 1920, les clochers bulbeux d'origine sont remplacés par les grandes flèches que l'on connaît aujourd'hui.

La popularité de l’église s’effrite dès les années 1960. La sécularisation progressive de la société et les débuts de la désindustrialisation du quartier réduisent considérablement la taille des fidèles de la paroisse (sans parler de la destruction de la rue Notre-Dame). Cette situation entraîne d’importants problèmes financiers. En 1967, la quête rapporté 60 000$ alors qu’en 1973 elle ne rapporte plus que 20 000$. Cette perte de revenu entraîne une diminution des activités de la paroisse et un lent déclin dans l’entretien de l’église.

En 2009, le diocèse de Montréal décide de fermer l'église au culte. Le futur incertain de l’édifice et de son orgue mène à une mobilisation citoyenne qui se conclut en 2014 par le réouverture de l'église, ce qui est sans doute l’un des seuls exemples du genre pour cette époque. Aujourd’hui, le bâtiment patrimonial est toujours en fonction mais il est encore en danger.

Auteur : Matthieu Mazeau
Image : L'église TSNJ vers 1960. BANQ, P97, S1, D19297
Publication originale : Facebook, Atelier d'histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, 2 septembre 2026

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